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Suite de l'interview de Jean-Marie Hullot, co-fondateur
de Realnames.
Accès au début
de l'interview.
Pourquoi avoir changé de nom, de Centraal
Corporation à RealNames ?
Au début nous voulions nous appeler "Central"
en référence aux centraux téléphoniques.
Le nom de domaine n'étant pas disponible nous
avons pris Centraal pour nom de compagnie, le nom
du produit étant RealNames. Nous voulions différencier
les deux de manière à pouvoir introduire
d'autres produits plus tard. A l'expérience,
'centraal' s'avèra un nom difficile à
retenir pour les américains (is it a dutch
company ?). Nous étions décidés
à changer, mais nous avions ce problème
avec la confusion nom de produit/nom de compagnie,
jusqu'au jour où nous avons trouvé que
le nom "Internet Keyword" était meilleur pour
le nom de produit (parce que plus "neutre" puisque
n'étant pas attaché à une marque
donnée), après quoi il n'y avait plus
de problème à appeler la compagnie RealNames,
nom sous lequel nous étions connus de toute
façon.
RealNames, aujourd'hui, c'est combien de personnes,
de chiffre d'affaires, etc. ?
Environ 250 personnes. Pour ce qui est des données
économiques, je ne peux pas me permettre de
faire d'erreurs (dû au fait que nous sommes
en "quiet period" comme je l'ai déjà
signalé). Le mieux pour obtenir les renseignements
exacts au moment de notre filing pour l'entrée
en bourse est de se
procurer ce document de filing (S1), que je n'ai
pas sous les yeux.
Le modéle économique actuel de Realnames
est-il basé uniquement sur l'achat des mots
clés ou avez-vous d'autres activités
?
Oui juste sur l'achat de mots clés.
Les accords de partenariat avec les moteurs de
recherche sont-ils basés sur des accords financiers
? En clair, est-ce que vous payez les moteurs pour
etre prêsent dans leurs pages de résultat
? Est-ce que ce sont eux qui vous payent ? Est-ce
que ce sont des partenariats "bénévoles"
ou autres ?
Non, nous ne payons pas les moteurs de recherche,
ils ne nous payent pas non plus. Tout est basé
sur un modèle de partage de revenus. Dans le
modèle "click-through" par exemple, les sociétés
qui ont pris les mots clés nous payent chaque
fois qu'on leur amène un visiteur. Si ce visiteur
est amené par Altavista par exemple, nous partageons
cet argent avec Altavista. De même si Network
Solutions vend un mot clef, nous partageons l'argent
reçu avec eux. De cette façon tout le
monde est gagnant !
Quel trafic une entreprise peut-elle attendre d'un
RealNames ? Avez-vous des statistiques, des chiffres,
sur le trafic généré par ce système
sur les sites de vos clients ? En règle générale,
de quelles statistiques disposez-vous et donnez-vous
à vos clients ?
Bien sûr, ça dépend des entreprises
et il est difficile de donner une règle générale.
Ce qui est sûr est que les visiteurs amenés
par RealNames sont des "visiteurs qualifiés"
dans le sens où ils cherchent quelque chose
de précis et que nous les amenons directement
là où ils veulent. Certains de nos clients
ont mesuré que le taux de conversion d'un visiteur
en acheteur sur les sites de e-commerce pouvait aller
jusqu'à 40% s'il était amené
par RealNames, ce qui est absolument énorme
par rapport aux visiteurs quasi aléatoires
que peuvent amener les bannières publicitaires.
Ce type de mesure valide complètement notre
modèle. Nos clients disposent sur notre site
de statistiques très précises sur l'utilisation
de leurs mots clés, leur permettant de mesurer
quasiment en temps réel l'impact de campagnes
publicitaires par exemple dans lesquelles ils font
apparaître leurs mots clés Internet,
ce que nos clients américains commencent à
faire.
Quel est le nombre de demandes quotidiennes et
le taux de croissance actuel ?
Encore une fois, je ne peux m'avancer aujourd'hui
sur des nombres exacts (voir le document
S1 pour ces chiffres). Je peux vous dire qu'aujour'dhui,
nous amenons plusieurs millions de visiteurs quotidiennement
à destination et que la croissance est très
forte (directement liée au nombre de nouveaux
partenaires que nous annonçons régulièrement).
Y a-t-il un profil type du demandeur de RealNames
? PME ? Grand comptes ? Américain ? Francais
? Autre ?
Non, en fait plus notre réseau de distribution
s'étend, et plus les gens ont été
exposés aux RealNames, plus nous nous apercevons
que tout le monde est intéressé de l'individu
à la très grosse société.
Ce qui différencie les clients est le nombre
d'Internet Keywords qu'ils enregistrent qui est directement
lié au nombre de produits dans leurs catalogues.
Ceci nous différencie des noms de domaine où
il y a essentiellement un seul nom de domaine par
compagnie, dans notre cas il y a autant de mots clefs
que de noms de marques et de produits dans une même
compagnie. Pour ce qui est de la France nous démarrons
juste avec Voila. Jusqu'à maintenant, les sociétés
française avec des RealNames étaient
essentiellement les sociétés qui cherchaient
à avoir de la visibilité aux Etats-Unis.
Enfin, la question subsidiaire : est-il nécessaire
aujourd'hui d'aller dans la Silicon Valley pour réussir
un pari comme le vôtre ?
Pour RealNames et en 1997, oui sans aucun doute. Nous
sommes essentiellement basé sur des partenariats
avec les grands acteurs de l'Internet qui sont essentiellement
aux USA et beaucoup dans la Silicon Valley, ça
aide énormément de les avoir tous autour
de soi et d'avoir son réseau de relations tissé
sur place. De plus, en 1997, les fonds disponibles
aux USA étaient largement plus considérables
et prêts à investir dans des paris aussi
risqués que celui de Realnames que ce n'aurait
été le cas en Europe. La situation est
en train de changer et l'Europe est aujourd'hui beaucoup
plus attractive. Il n'en reste pas moins que pour
le cas particulier de RealNames, je crois que ce ne
serait toujours possible qu'aux US du fait d'un système
entièrement basé sur la construction
d'un réseau de partenaires essentiellement
nord américains, au moins au départ
pour obtenir rapidement la couverture nécessaire.
Ceci étant j'avais décidé moi-même
après NeXT de retourner en France et, au prix
de ne pas prendre de rôle au jour le jour dans
la compagnie, mais plutôt un rôle de conseiller
stratégique, et d'aller tous les mois sur place,
je vis désormais en France.
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