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Une interview de Philippe Guillanton, Directeur
Général de Yahoo!
France. Interview réalisée en avril
99.
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interviews)
Olivier
Andrieu : Bonjour et merci de bien vouloir répondre
à ces quelques questions pour le site Abondance.
En guise d'introduction, pouvez-vous vous présenter
en quelques mots ?
Philippe Guillanton : Je m'appelle Philippe Guillanton,
j'ai 33 ans et je suis Directeur Général
de Yahoo! France. J'ai rejoint Yahoo! en 1997 pour
monter l'équipe et les structures commerciales
de Yahoo! en Europe. Fin décembre 98, on m'a
proposé de prendre la tête de la filiale
française, chaque Yahoo! Européen se
dotant de structures renforcées au niveau local.
Auparavant, j'avais occupé plusieurs postes
à la régie publicitaire du Groupe Expansion.
Pouvez-vous présenter
Yahoo! France en quelques chiffres ?
| Date
de création |
Octobre
96 |
| Nombre
d'employés actuel |
27 |
| Situation
géographique |
Paris |
| Nombre
de sites |
Aujourd'hui répértoriés
: au 6 avril 99, 70 057 sites exactement. |
| Nombre
de catégories proposées |
Toujours
au 6 avril 99, 18 695 catégories. |
| Audience
mensuelle |
Les
seules statistiques que je puisse vous fournir
sont celles de janvier 99. En effet, tous nos
chiffres de trafic sont audités et certifiés
par deux organismes extérieurs : ABC
Interactive et Ernst & Young et je n'ai pas
encore reçu les rapport d'audit pour
février et mars. Nous avons donc enregistré
un trafic de 63 611 931 pages vues au mois de
Janvier 99. Et la progression ne fait que continuer
! Nous ne mesurons pas les visites, un indicateur
peu fiable selon nous. Pour mesurer notre audience,
nous travaillons avec des sociétés
d'études extérieures, comme pour
les autres médias. La dernière
étude en date est celle de Médiamétrie
(Baromètre Internet 24 000 - Médiamétrie/ISL
- 4ème timestre 98). Selon cette étude,
un peu plus de 33% de la population des internautes
français ont déclaré s'être
connectés à www.yahoo.fr au moins
une fois au cours des trois derniers mois de
l'année 98, ce qui représente
un peu plus d'1,2 millions de personnes. |
| Pourcentage
de progession mensuel en termes d'audience
|
En termes de trafic seulement, Médiamétrie
ne fournissant pas encore de chiffres d'audience
mensuels (ce qui ne saurait tarder, dès
fin avril normalement). Depuis le début
de l'année, nous enregistrons une progression
moyenne de notre trafic d'environ + 12% par
mois. |
Comment faut-il appeler Yahoo!
France : annuaire, répertoire, catalogue, portail,
ou faut-il utiliser un autre terme ?
Yahoo! est un guide Internet qui propose de nombreux
services d'information, de communication et de commerce
électronique en plus de son répertoire
de sites Web francophones (terme que je préfère
à "annuaire" qui, me semble-t-il, représente
moins bien la réalité du travail des surfeurs
de Yahoo! France : les sites que nous répertorions
ne sont pas une simple liste classée par ordre
alphabétique). Il est important pour nos utilisateurs
de distinguer le guide Internet (tous les services complémentaires
comme l'actualité, la finance, le sport, la météo,
le shopping, l'e-mail gratuit, la personnalisation,
la logithèque, etc...) des services du répertoire
à proprement parler.
Il existe aujourd'hui trois
annuaires majeurs pour le monde francophone : Yahoo!
France, Nomade et QuiQuoiOù, ainsi que de nombreux
prétendants (Lokace, MSN, Francité, Hachette.net,
etc.). Comment vous situez-vous par rapport à
ces concurrents ? Pensez-vous que le marché francophone
soit assez vaste pour accueillir tant de répertoires
? Des regroupements sont-ils à envisager dans
un proche avenir ?
Je pense qu'il est de l'intérêt de l'internaute
qu'il puisse choisir le répertoire de recherche
qui lui convient le mieux. Il y a donc a priori de la
place pour tout le monde. Néanmoins, la brève
histoire d'Internet semble prouver que seuls quelques
sites majeurs sont choisis en priorité par les
internautes. Les annuaires plus petits doivent se spécialiser;
on ne peut pas être un généraliste
sans trafic sur ces marchés où la masse
critique a des conséquences directes sur toute
l'opération : revenu, auto-promotion, leverage,
etc.
Le schéma économique
des annuaires est basé de façon quasi
unique, à l'heure actuelle, sur la vente de bandeaux
publicitaires. Pensez-vous que ce système soit
viable aujourd'hui et vous orientez-vous pour l'avenir
(donc dans les mois qui viennent) vers d'autres sources
de financement, comme le référencement
"rapide" payant, l'offre de services, d'hébergement,
le marketing direct, la personnalisation, etc ?
Yahoo! vit effectivement de la publicité. Et
l'essentiel de cette publicité se fait par le
biais de bandeaux, cela dit le terme recouvre de nombreuses
exploitations de nos supports ; bien mieux que de se
focaliser sur le format, qui évolue sans cesse
avec notamment, la qualité des réseaux,
ce qui compte c'est le mode de ciblage. A mesure de
notre développement, nous mettons en place des
systèmes publicitaires prenont en compte toutes
les potentialités du Web (interactivité,
richesse des formats, marketing direct et promotionnel...).
Ne pensez-vous pas que, au
vu du nombre important de sites créés
chaque jour, l'avenir n'est pas à une segmentation
thématique des outils de recherche (par exemple,
des répertoires sur la médecine, le commerce
électronique, la presse, le domaine juridique,
etc.) ? Le concept d'annuaire "généraliste"
ne trouvera-t-il pas rapidement ses limites face à
l'explosion de sites Web ?
Je pense que les répertoires généralistes
sont complétés efficacement par des répertoires
spécialisées. Selon les lois de l'heuristique,
toute personne cherchant de l'information va d'abord
passer par une approche de "premier tri" avant de faire
une recherche plus sélective. D'autre part, Yahoo!
est plus qu'un répertoire généraliste
; c'est un véritable guide puisqu'il offre des
services complémentaires dont la richesse et
la variété sont au contraire un avantage
pour l'utilisateur (nous devrions d'ailleurs dans un
futur proche multiplier le lancement de ces services...).
Quels sont les projets et les
objectifs de Yahoo! France pour l'année 1999
? et au-delà ?
Continuer à accroître notre audience, notamment
en attirant les nouveaux internautes arrivant sur le
marché grâce la simplicité de notre
répertoire, la qualité et la richesse
des informations qui se trouvent sur notre site et sans
doute aussi par la sympathie que notre marque inspire.
Puisque l'on parle d'avenir,
je me permets de vous proposer un scénario pour
les outils de recherche de la prochaine génération
: un annuaire comme Yahoo! France répertorie
dans un premier temps des milliers de sites sur des
critères humains, comme aujourd'hui. On obtient
ainsi un annuaire tout à fait "classique". Puis,
dans un deuxième temps, un "spider" (comparable
à Scooter ou Slurp, outils appartenant respectivement
à AltaVista et à HotBot) "aspire" les
sites ainsi recensés pour créer une base
de pages HTML à interroger en texte intégral,
à la façon d'un moteur de recherche. Le
système allierait donc la recherche de sites
généraux (par les fiches descriptives
fournies par les annuaires) à la recherche fine
à l'intérieur de ceux-ci, mais avec un
premier tri qualitatif effectué de façon
humaine, permettant ainsi d'effectuer des recherches
en texte intégral sur des sites appartenant tous
à un domaine précis. Plausible ? Probable
? Impensable ? Qu'en pensez-vous ?
C'est une bonne idée. Notre recherche à
la fois sur les noms de sites et le résumé
que nous en écrivons s'appuie sur cette dualité,
mais évidemment vous allez plus loin. N'oublions
toutefois pas que lorsque Yahoo! a fait son travail
de sélection, celle-ci s'avère en général
suffisamment serrée pour que l'instinct de l'utilisateur
sache vers où se diriger. Pour répondre
plus spécifiquement, votre proposition nécessiterait
pour Yahoo! de maîtriser deux choses : d'une part,
une technologie qui soit suffisament intelligente pour
que la valeur ajoutée apportée aux recherches
de l'utilisateur soit véritablement importante
par rapport aux méthodes de référencement
humain que nous avons déjà mis en place.
Le surcoût pour maîtriser cette technologie
s'avèrerait sans doute prohibitif par rapport
au réel bénéfice pour les utilisateurs.
D'autre part, cette technologie devrait être universelle
: comme vous le savez, Yahoo! est décliné
dans de nombreuses langues et maîtriser ce type
d'outil à l'échelle de notre réseau
serait sans doute d'une grande complexité...
sans parler des problèmes de rafraîchissement
des données. Bref, une idée très
séduisante mais qui résiste mal au test
du retour sur investissement !
Dernière question :
Yahoo! France est-il garanti contre le bug de l'an 2
000 ? ;-)
Oui.
Merci Philippe Guillanton :-)
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